LGeorge et Kathleen Lutzavec Daniel, Christopher et Melissa
33 h 15 du matinl’heure des réveils de George
JJodiele cochon aux yeux rouges
Légende paranormale · dossier
La famille Lutz à Amityville : 28 jours, la presse et la vérité
Décembre 1975 : George et Kathleen Lutz emménagent dans la maison du massacre DeFeo et la fuient 28 jours plus tard. Les phénomènes qu’ils ont racontés, les articles que les journaux ont vraiment imprimés, les Warren, l’aveu de 1979, et ce que j’en pense en tant que médium.
MMisaella · médium et voyante
Les meurtres13 novembre 1974
L’emménagement18 décembre 1975
La fuite14 janvier 1976
Le premier articleNewsday, 14 février 1976
Le dossier interactif
Les 28 jours, tels que les Lutz les ont racontés
Parcourez le calendrier du 18 décembre 1975 au 14 janvier 1976. Pour chaque jour marqué, le récit de la famille d’un côté, et de l’autre ce que les archives, la police, la météo et les propriétaires suivants permettent de dire. Les dates sont celles du livre de 1977, approximatives.
Le 18 décembre 1975, George et Kathleen Lutz emménagent avec leurs trois enfants au 112 Ocean Avenue, à Amityville, dans une grande maison achetée 80 000 dollars, un prix très bas pour l’époque. Treize mois plus tôt, Ronald DeFeo Jr. y avait tué ses parents, ses deux sœurs et ses deux frères pendant leur sommeil. Les Lutz quittent la maison 28 jours plus tard, le 14 janvier 1976, en abandonnant leurs affaires. Ils racontent des odeurs insupportables, une substance verte sur les murs, des mouches en plein hiver, des réveils chaque nuit à 3 h 15 et un ami imaginaire démoniaque, un cochon aux yeux rouges nommé Jodie. La presse s’en empare dès février 1976, les enquêteurs Ed et Lorraine Warren visitent la maison, un livre vendu à des millions d’exemplaires paraît en 1977, puis un film en 1979. En 1979, l’avocat William Weber déclare au magazine People : « Nous avons créé cette histoire d’horreur autour de nombreuses bouteilles de vin. »
- Les meurtres13 novembre 1974
- L’emménagement18 décembre 1975
- La fuite14 janvier 1976
- L’aveuPeople, septembre 1979
Au sommaire
- La maison aux fenêtres en quart de lune
- La nuit du 13 novembre 1974
- Décembre 1975 : une affaire trop belle
- Les 28 jours, phénomène par phénomène
- 14 janvier 1976 : la fuite
- Ce que les journaux ont vraiment écrit
- Ed et Lorraine Warren entrent en scène
- Le livre, le film, la machine
- Les failles du récit
- Que sont devenus les Lutz ?
- Pourquoi cette histoire nous tient encore
- Ma lecture spirituelle de l’affaire
Vous connaissez sans doute cette maison sans jamais y être entrée. Une grande façade hollandaise au bord de l’eau, deux fenêtres rondes sous le toit qui ressemblent à des yeux, et ce nom qui fait frissonner depuis cinquante ans : Amityville. Peut-être avez-vous vu le film un soir, trop jeune, et gardé l’image d’un homme qui se réveille chaque nuit à la même heure. Peut-être vivez-vous vous-même dans un lieu où vous ne vous sentez pas tout à fait seule, et cette histoire vous inquiète autant qu’elle vous fascine. Je vous propose de la reprendre depuis le début, sans effets de manche : ce que la famille Lutz a raconté, ce que les journaux ont réellement imprimé, ce que les enquêteurs ont trouvé, et ce que j’en pense, moi, en tant que médium.
La maison aux fenêtres en quart de lune
Le 112 Ocean Avenue est une maison de style colonial hollandais construite dans les années 1920, dans le village d’Amityville, sur la côte sud de Long Island, à une heure de New York. Trois niveaux, un garage, une piscine, un hangar à bateaux sur le canal. À l’époque, c’est une maison de famille aisée dans un quartier tranquille, avec ses deux fenêtres en quart de cercle au dernier étage qui lui donnent ce regard si particulier.
Ces fenêtres ont été remplacées depuis, et le numéro de la maison a été changé pour décourager les curieux. Mais dans l’imaginaire collectif, la maison garde ses yeux. C’est là, dans ces murs, que deux histoires se sont succédé en moins de deux ans : un massacre bien réel, puis une légende dont on ne sait toujours pas exactement ce qu’elle contient de vrai.
La nuit du 13 novembre 1974
Avant les Lutz, il y a les DeFeo. Ronald DeFeo Sr., sa femme Louise et leurs cinq enfants vivent au 112 Ocean Avenue. Le fils aîné, Ronald Jr., que tout le monde appelle « Butch », a 23 ans. Il boit, consomme de la drogue et se dispute violemment avec son père.
Les faits
Dans la nuit du 13 novembre 1974, Ronald DeFeo Jr. abat avec un fusil ses parents, ses sœurs Dawn, 18 ans, et Allison, 13 ans, et ses frères Marc, 12 ans, et John Matthew, 9 ans. Toutes les victimes sont retrouvées face contre le matelas, dans leur lit, et aucun voisin n’a entendu les coups de feu. Dans la soirée, DeFeo fait irruption dans un bar du quartier en criant que sa famille a été tuée.
L’enquête et le procès
Il accuse d’abord un tueur de la mafia, puis avoue. Au procès, son avocat William Weber plaide la folie et affirme que son client entendait des voix lui ordonnant de tuer. Le jury ne le suit pas. En novembre 1975, Ronald DeFeo Jr. est condamné pour six meurtres à six peines de 25 ans à perpétuité. Il meurt en prison en mars 2021.
Les zones d’ombre
L’heure exacte des meurtres, située par l’enquête autour de 3 heures du matin, le silence des voisins et le fait qu’aucune victime n’ait semblé se réveiller ont nourri pendant des décennies toutes sortes d’hypothèses. C’est sur ce terreau que naît la légende.
Il faut garder cela à l’esprit en lisant la suite. Avant d’être une maison hantée, le 112 Ocean Avenue est le lieu d’un drame familial réel, où six personnes ont perdu la vie. Quoi que l’on pense de la suite, cette part-là mérite le respect.
Décembre 1975 : une affaire trop belle
Un an plus tard, la maison est toujours vide. George Lutz, 28 ans, dirige une petite entreprise de géomètres. Il vient d’épouser Kathleen, divorcée et mère de trois enfants, Daniel, Christopher et Melissa. Ils cherchent une maison assez grande pour leur nouvelle famille recomposée. Au 112 Ocean Avenue, le prix demandé est de 80 000 dollars, très en dessous de la valeur du bien. L’agent immobilier leur explique pourquoi. Ils achètent quand même, et reprennent même une bonne partie des meubles des DeFeo pour 400 dollars.
Un détail qui compteLes registres du comté de Suffolk indiquent que l’acte de vente a été signé le 23 décembre 1975, alors que le livre situe l’emménagement au 18 décembre. Ce genre de petite incohérence de dates reviendra souvent dans cette affaire.
Le jour de l’emménagement, George Lutz, qui n’est pas catholique mais dont la femme l’est, demande à un prêtre de bénir la maison. Le père Ralph Pecoraro, appelé « père Mancuso » dans le livre, vient asperger les pièces d’eau bénite. Selon le récit des Lutz, dans une chambre du premier étage, une voix d’homme lui aurait dit distinctement : « Get out », « sortez ». Le prêtre serait reparti sans en parler à la famille, puis aurait été frappé de fièvre et d’ampoules sur les mains dans les jours suivants. C’est le premier chapitre de la légende.
Les 28 jours, phénomène par phénomène
Voici ce que George et Kathleen Lutz ont raconté, d’abord à leurs proches, puis aux journalistes, puis à l’écrivain Jay Anson au cours d’une quarantaine d’heures d’enregistrements. Je vous les présente tels qu’ils les ont décrits. L’outil interactif en haut de page vous permet de les suivre jour après jour.
Les réveils à 3 h 15
George se réveille presque chaque nuit à la même heure, 3 h 15, sans raison. Il se lève, va vérifier le hangar à bateaux dont la porte claque. C’est, dit-il, l’heure approximative à laquelle Ronald DeFeo a tué sa famille. Ce détail deviendra le plus célèbre de toute l’affaire.
Les odeurs et le froid
Des odeurs d’égout ou de parfum bon marché apparaissent et disparaissent sans source. Malgré une chaudière qui tourne sans arrêt, la famille n’arrive jamais à se réchauffer, et certaines pièces restent glaciales.
Les mouches de l’hiver
Dans la pièce de couture du premier étage, des centaines de mouches noires s’accumulent sur les vitres, en plein mois de décembre, alors que la fenêtre est fermée. On les tue, elles reviennent.
La substance verte
Une gelée verdâtre suinte des murs et des serrures, puis, la dernière nuit, une masse « vert noirâtre » monterait l’escalier. Du sang rouge coulerait aussi d’un trou de serrure.
Jodie, le cochon aux yeux rouges
Melissa, cinq ans, se fait une amie imaginaire qu’elle appelle Jodie. Elle la décrit comme un cochon, ou un ange, qui parle avec elle. Un soir, Kathleen aperçoit deux yeux rouges à la fenêtre de la chambre de la petite. Dans la neige, le lendemain, des traces de sabots fendus.
Kathleen transformée
Kathleen se réveille avec des marques rouges sur le corps, comme des brûlures. Elle aurait lévité au-dessus du lit. Une nuit, George la voit, l’espace d’un instant, avec le visage d’une vieille femme ridée.
George change
George se laisse pousser la barbe, maigrit, devient irritable, passe ses journées devant la cheminée. Des amis lui trouvent une ressemblance troublante avec Ronald DeFeo Jr. Il se met à hurler sur les enfants, lui qui ne le faisait jamais.
La maison qui vit
Un crucifix retrouvé à l’envers. Un lion de céramique qui change de place et laisse des marques de morsure sur la cheville de George. La porte d’entrée de 100 kilos arrachée de ses gonds. Les lits des enfants qui claquent contre le sol. Une fanfare invisible qui défile au rez-de-chaussée.
La pièce rouge
Au sous-sol, derrière une étagère, un petit réduit peint en rouge, absent des plans de la maison, où le chien de la famille refuse d’entrer. Les Lutz y voient le cœur du mal. Les propriétaires suivants expliqueront qu’il s’agissait d’un simple placard de rangement.
14 janvier 1976 : la fuite
La dernière nuit est celle que les Lutz n’ont jamais voulu raconter entièrement. Ils parlent de bruits, de lits qui bougent, de cette masse verte dans l’escalier, d’une terreur telle qu’ils rassemblent les enfants et quittent la maison au milieu de la nuit, le 14 janvier 1976, sans emporter leurs vêtements ni leurs meubles. Ils se réfugient chez la mère de Kathleen, à quelques kilomètres, et ne reviendront jamais dormir au 112 Ocean Avenue.
Le lendemain, un déménageur vient récupérer leurs affaires. Il ne remarque rien d’anormal. La maison reste de nouveau vide, avec un crédit immobilier impayé, et un couple qui a tout perdu en un mois. C’est précisément à ce moment, entre la fuite et la première interview, que l’affaire bascule du drame privé à l’histoire publique.
Ce que les journaux ont vraiment écrit
On lit souvent que « la presse s’est déchaînée ». En réalité, l’affaire sort d’abord dans un seul journal local, puis grandit par cercles successifs. Voici les articles réels, datés, tels qu’on peut encore les consulter dans les archives.
Newsday, édition de Suffolk · 14 février 1976
« DeFeo Home Abandoned; Buyer Calls It Haunted »
Signé A. J. Carter et Christopher M. Cook, c’est le tout premier article. Il annonce que l’acheteur de la maison DeFeo l’a abandonnée et la dit hantée. Des amis du couple confirment avoir ressenti des choses étranges dans la maison. Un autre explique simplement que le chauffage était tombé en panne.
Newsday · 16 février 1976
« DeFeo House: Legal Twist »
Deux jours plus tard, le même journal couvre la conférence de presse donnée par les Lutz dans les bureaux du cabinet d’avocats Burton & Weber. William Weber n’est autre que l’avocat de Ronald DeFeo Jr., qui cherche alors à obtenir un nouveau procès pour son client en invoquant une influence maléfique dans la maison. Le « rebondissement juridique » du titre, c’est celui-là.
Channel 5 New York · 6 mars 1976
Les caméras entrent dans la maison
Une équipe de télévision, avec le journaliste Michael Linder, organise une nuit d’enquête dans la maison vide en compagnie d’Ed et Lorraine Warren, du parapsychologue Hans Holzer et de plusieurs médiums. C’est au cours de cette nuit que le photographe Gene Campbell prend la fameuse image d’un « petit garçon fantôme » dans l’embrasure d’une porte, diffusée bien plus tard.
Good Housekeeping · 1977
Le grand public découvre l’affaire
Le magazine féminin publie un long récit signé Paul Hoffman, journaliste présenté aux Lutz par l’avocat Weber. Les Lutz s’estiment trahis par cette publication, et c’est l’une des raisons du procès qu’ils intentent en mai 1977, réclamant 4,5 millions de dollars à Weber, Hoffman et plusieurs journaux.
The New York Times · 9 octobre 1977
« A Real Life Horror Story »
Dans son supplément Long Island, le quotidien publie une longue interview signée Lawrence Van Gelder, un mois après la sortie du livre. Le ton est celui d’un portrait, entre curiosité et prudence. Le phénomène éditorial est lancé.
People · 17 septembre 1979
« Je sais que ce livre est un canular »
Alors que le film triomphe en salles, William Weber déclare au magazine : « I know this book is a hoax. We created this horror story over many bottles of wine. » Autrement dit : « Je sais que ce livre est un canular. Nous avons créé cette histoire d’horreur autour de nombreuses bouteilles de vin. » Il explique avoir fourni aux Lutz les détails du dossier DeFeo, dont l’heure des meurtres.
Le jugement de septembre 1979Le juge fédéral Jack B. Weinstein rejette la plainte des Lutz et qualifie le livre d’œuvre de fiction reposant en grande partie sur les suggestions de Weber. Il ajoute cette phrase restée célèbre : « Il y a une très sérieuse question éthique lorsque des avocats deviennent des agents littéraires. » La contre-plainte de Weber est réglée à l’amiable le lendemain.
Ed et Lorraine Warren entrent en scène
Ed Warren, démonologue autoproclamé, et sa femme Lorraine, qui se présente comme médium et clairvoyante, dirigent depuis 1952 la New England Society for Psychic Research. Catholiques pratiquants, ils ont déjà enquêté sur des dizaines de maisons lorsqu’on les appelle à Amityville, au début de l’année 1976, alors que les Lutz sont déjà partis.
Lors de la nuit du 6 mars 1976, devant les caméras, Lorraine Warren dit ressentir une présence écrasante, et décrira plus tard cette maison comme l’une des pires qu’elle ait jamais visitées. Ed Warren parle d’une infestation démoniaque, et non d’un simple fantôme : pour lui, ce n’est pas l’esprit d’un mort qui habite la maison, mais une entité inhumaine réveillée par le massacre. Les Warren défendront cette version toute leur vie, et Lorraine répétera jusqu’à la fin que les accusations de canular étaient fausses.
Ce qu’il faut savoir sur les WarrenLe couple sera plus tard au cœur de nombreuses autres affaires célèbres, dont celle de la poupée Annabelle, d’Enfield en Angleterre et de la maison des Snedeker. Ils sont adulés par les uns, considérés par les autres comme des conteurs habiles. Dans l’affaire Amityville, ils n’ont jamais vécu dans la maison et n’ont rencontré les Lutz qu’après leur départ.
Le livre, le film, la machine
En septembre 1977, l’éditeur Prentice Hall publie The Amityville Horror, de Jay Anson, avec cette mention sur la couverture : « A True Story », une histoire vraie. L’écrivain n’a jamais mis les pieds dans la maison : il a travaillé à partir des enregistrements des Lutz. Le livre se vend à des millions d’exemplaires, environ dix millions toutes éditions confondues.
80 000 $
Le prix payé par les Lutz en décembre 1975, meubles non compris.
28
Le nombre de jours passés dans la maison, du 18 décembre 1975 au 14 janvier 1976.
45 h
La durée des enregistrements confiés par les Lutz à Jay Anson pour écrire le livre.
10 M
Le nombre estimé d’exemplaires vendus du livre dans le monde.
1979
L’année du film avec James Brolin et Margot Kidder, l’un des plus gros succès de l’année aux États-Unis.
Le film de 1979 fixe pour toujours les images : la maison aux yeux, le réveil à 3 h 15, les mouches, la voix qui ordonne de sortir. Il sera suivi de suites, d’un nouveau film en 2005 et de dizaines de productions qui n’ont plus aucun lien avec la famille Lutz, mais utilisent le nom d’Amityville comme une marque. George Lutz déposera d’ailleurs la marque « Amityville Horror » et ira jusqu’à poursuivre son propre beau-fils pour son utilisation.
Les failles du récit
Dès 1976, un enquêteur, Stephen Kaplan, prévient les Lutz qu’il dénoncera toute supercherie s’il en trouve. Le couple cesse aussitôt de collaborer avec lui. Dans les années qui suivent, journalistes et chercheurs relèvent une série de contradictions.
Pas de neige pour les sabots
Le livre décrit des traces de sabots fendus dans la neige, le 1er janvier 1976. Les relevés météo montrent qu’il n’a pas neigé à Amityville ce jour-là, ni pendant les jours précédents.
Aucun appel à la police
Le livre raconte que George appelle la police après l’arrachement de la porte d’entrée. Les registres de la police d’Amityville ne comportent aucun appel provenant de la maison pendant les 28 jours.
Des portes intactes
Porte d’entrée arrachée, serrures tordues, porte du hangar défoncée : les propriétaires suivants ont retrouvé les ferrures et les gonds d’origine, sans aucune trace de réparation.
Le prêtre et les faits
Le père Pecoraro a témoigné au procès de 1979. Il a confirmé avoir béni la maison, mais les récits de la gifle invisible, de la voiture accidentée et des ampoules sur ses mains ont beaucoup varié selon les versions.
L’héritage de Weber
L’avocat de DeFeo a reconnu avoir fourni aux Lutz des éléments du dossier criminel, dont l’heure présumée des meurtres. Le réveil à 3 h 15, cœur de la légende, a donc une source très terrestre.
Une maison redevenue calme
James et Barbara Cromarty achètent la maison en 1977 pour 55 000 dollars et y vivent une dizaine d’années. « Rien de bizarre ne s’est jamais produit, à part les gens qui venaient à cause du livre et du film », dira James Cromarty. Aucun propriétaire depuis n’a signalé le moindre phénomène.
À l’inverse, en juin 1979, les Lutz passent deux tests au détecteur de mensonges, dont les examinateurs concluent qu’ils ne mentent pas. Ces tests sont connus pour leur manque de fiabilité, mais ils montrent au moins une chose : George et Kathleen Lutz semblaient croire à ce qu’ils racontaient.
Que sont devenus les Lutz ?
Après leur départ, les Lutz s’installent en Californie et vivent en partie des droits du livre et du film, qu’ils partagent à parts égales avec Jay Anson. Le couple divorce au début des années 1980, tout en restant en bons termes. Kathleen meurt en 2004, George en 2006. Jusqu’à la fin, il affirme n’avoir jamais menti, tout en reconnaissant que le livre et le film ont ajouté des éléments.
Les enfants, eux, ont grandi avec cette histoire collée à leur nom. En 2013, Daniel Lutz, l’aîné, témoigne dans le documentaire My Amityville Horror. Il maintient que des choses terribles se sont produites, mais décrit surtout un beau-père autoritaire, violent, passionné d’occultisme, qui aurait, selon lui, provoqué lui-même ce qui est arrivé. Son frère Christopher dit à peu près la même chose : il croit à des phénomènes réels, mais pense que George les a amplifiés pour l’argent. « J’ai l’impression que nous sommes exploités », dira-t-il. Melissa, la plus jeune, n’a jamais parlé publiquement.
Ce que disent les enfantsC’est peut-être le témoignage le plus important de toute l’affaire. Deux hommes adultes, qui n’ont rien à gagner, racontent une enfance marquée à la fois par la peur de la maison et par la peur d’un beau-père. Quelle que soit la part du surnaturel, il y avait de la violence dans cette famille, et des enfants qui en ont souffert.
Pourquoi cette histoire nous tient encore
Si vous lisez cet article jusqu’ici, c’est que quelque chose en vous a besoin de savoir. Et c’est très humain. L’affaire Amityville touche trois peurs profondes à la fois.
La peur de la maison
Notre maison est censée être l’endroit où l’on baisse la garde. L’idée qu’elle puisse se retourner contre nous, que ses murs gardent la mémoire de ce qui s’y est passé, nous atteint là où nous sommes le plus vulnérables. C’est pour cela que tant de lecteurs me demandent si leur propre logement peut être « chargé ».
La peur de la contagion
George Lutz qui ressemble de plus en plus à Ronald DeFeo, qui se met à crier sur les enfants, qui se réveille à l’heure des meurtres : c’est la peur qu’un lieu puisse nous transformer, nous faire devenir quelqu’un d’autre. Psychologiquement, c’est aussi une façon de ne pas regarder en face la colère ou la violence qui habitent déjà un homme.
Le besoin de croire
Une famille endettée, une maison invendable, un avocat qui cherche un nouveau procès, un éditeur qui flaire le succès : les intérêts étaient nombreux. Mais il y a aussi ce que l’on appelle la suggestion. Quand on emménage dans une maison où six personnes ont été tuées, chaque craquement devient un signe. La peur fabrique ses propres preuves, et plus on en parle, plus elles grandissent.
Il y a enfin le contexte. L’Amérique de 1975 sort de la guerre du Vietnam et du Watergate, L’Exorciste est sorti deux ans plus tôt, et le pays se passionne pour le démoniaque. Une maison hantée avec un prêtre, un démon et une famille innocente arrive exactement au bon moment.
Ma lecture spirituelle de l’affaire
Je ne vais pas vous dire que tout est faux. Je ne vais pas non plus vous dire que tout est vrai. Après des années de pratique, voici comment je lis cette affaire.
Oui, un lieu peut garder une empreinte. Quand six personnes meurent dans la violence, dans leur sommeil, il reste dans les murs quelque chose de cette nuit-là. Les médiums parlent de mémoire des lieux ou d’empreinte résiduelle. Ce n’est pas une entité qui pense et qui agit, c’est une sorte d’écho, comme une odeur qui persiste. Une personne sensible peut le ressentir sous forme de malaise, de froid, de tristesse soudaine, de sommeil agité. Cela, je le crois tout à fait possible au 112 Ocean Avenue en décembre 1975.
Non, une empreinte n’arrache pas une porte. Les lits qui claquent, la porte de 100 kilos arrachée, la masse verte dans l’escalier, la fanfare invisible : tout cela appartient au registre du spectacle, pas à celui des manifestations que l’on rencontre réellement. Là où les faits ont pu être vérifiés, ils ne tiennent pas. Et l’homme qui a avoué avoir « créé » l’histoire autour d’une bouteille de vin connaissait le dossier criminel mieux que personne.
Ce qui s’est réellement passé, à mon sens, est plus humain et plus triste. Une famille recomposée, fragile, endettée, qui emménage à Noël dans une maison de massacre en espérant un nouveau départ. Un homme sous pression, attiré par l’occultisme, qui porte en lui une colère qu’il n’arrive pas à contenir, et des enfants qui ont peur de lui autant que de la maison. Dans un tel climat, l’empreinte d’un lieu trouve un terrain idéal. Elle n’a pas besoin de faire couler du sang des serrures : elle amplifie ce qui est déjà là. Et quand la peur, la culpabilité et l’intérêt financier s’en mêlent, le récit grossit tout seul.
Si vous pensez vivre dans un lieu chargé
- Observez d’abord le concret : humidité, chauffage, courants d’air, bruits de la maison, qualité de votre sommeil
- Notez ce que vous ressentez, à quelle heure, dans quelle pièce, et si cela coïncide avec vos propres périodes de stress
- Aérez, faites entrer la lumière, purifiez avec du sel, de la sauge ou de l’encens, et parlez à la maison avec respect
- Si le malaise persiste, faites bénir ou nettoyer le lieu par une personne de confiance, prêtre ou médium expérimenté
- Ne nourrissez pas la peur : les films d’horreur, les séances de planche Ouija et les recherches angoissées la font grandir
- Si votre angoisse devient envahissante, parlez-en aussi à un professionnel de santé
Dans la très grande majorité des cas que je rencontre, une maison « hantée » est surtout une maison où quelqu’un souffre. Soigner la personne apaise presque toujours le lieu. Si vous ressentez les présences plus que les autres, notre article sur les signes qui montrent que l’on est médium et notre page sur la médiumnité vous aideront à comprendre ce qui vous arrive sans vous faire peur.
Ma conclusion de médium sur l’affaire Lutz
Amityville, ce n’est pas l’histoire d’un démon. C’est l’histoire d’une maison où l’on a tué, et d’une famille qui y a apporté ses propres fantômes.
Je crois à la mémoire des lieux. Je crois qu’en entrant au 112 Ocean Avenue en décembre 1975, Kathleen Lutz et ses enfants ont pu ressentir le poids réel de ce qui s’y était passé. Mais je crois aussi ce que disent les archives, les registres de police, les relevés météo et les propriétaires qui ont vécu là tranquillement pendant dix ans. Et je crois surtout ce que disent, aujourd’hui, les enfants devenus grands : la peur la plus forte, dans cette maison, n’était pas celle du sous-sol.
Spirituellement, cette affaire nous apprend quelque chose de précieux. Le mal ne vient presque jamais d’un objet, d’un mur ou d’une adresse. Il vient de ce que l’on porte en soi quand on franchit la porte, et de ce que l’on choisit d’en faire. Une maison se nettoie, une empreinte se dissout, mais une colère qu’on refuse de regarder trouve toujours un endroit où s’installer.
Alors si vous ne vous sentez pas bien chez vous, si une pièce vous pèse ou si une histoire ancienne semble coller à vos murs, venez m’en parler. Nous regarderons ensemble ce qui appartient au lieu, ce qui vous appartient, et comment rendre à votre maison sa douceur.
Misaella
Pour un accompagnement personnalisé, consultez nos médiums et voyantes, posez votre question par voyance par mail, ou achetez des minutes de consultation pour échanger avec un médium. Si vous avez perdu un proche et ressentez sa présence, un médium spécialisé dans le deuil peut vous accompagner avec douceur.
Votre maison vous pèse ?
Un médium expérimenté ressent ce qui appartient au lieu et ce qui vous appartient, et vous aide à retrouver la paix chez vous.
Retrouvez la paix dans vos murs
Présences, lieux chargés, deuil, peurs nocturnes : nos médiums vous écoutent avec bienveillance, par téléphone, par chat ou par écrit.
Questions fréquentes
L’histoire de la famille Lutz à Amityville est-elle vraie ?
Pourquoi George Lutz se réveillait-il à 3 h 15 ?
Qui était Jodie, le cochon aux yeux rouges ?
Quel a été le rôle d’Ed et Lorraine Warren à Amityville ?
La maison d’Amityville est-elle encore hantée ?
Cet article a une vocation informative et spirituelle. Il s’appuie sur des articles de presse et des documents judiciaires publics, et présente les phénomènes tels que la famille Lutz les a décrits, sans en garantir la réalité. Il ne remplace en aucun cas un avis médical ou psychologique : si une peur ou une angoisse devient envahissante, parlez-en à un professionnel de santé. Services de voyance et de médiumnité réservés aux personnes majeures (18+).


