Dossiers d'archives · Connecticut, 1952-2019
Ed et Lorraine Warrenleurs affaires, leurs possessions, leur légende
Annabelle, Amityville, les Perron, Enfield, le procès du « diable » : l'histoire vraie du couple qui a inspiré Conjuring, ce qu'en a dit la presse, et le regard spirituel d'une médium.
- 10 000+dossiers revendiqués
- 700exorcismes annoncés
- 67ans d'enquêtes
Misaella · médium · lecture 20 min
Registre N.E.S.P.R.
Ed Warren, démonologue
Lorraine Warren, médium
Monroe, Connecticut
Dossiers ouverts : 10 000 et plus
Annabelle · Amityville · Enfield · Perron
MCMLII
Témoignage 3
Dossier 012
Témoignage 4
Dossier 013
Témoignage 5
Dossier 014
Témoignage 6
Dossier 015
Témoignage 7
Nouvelle-Angleterre, 1952
Première maison peinte par Ed. Le dossier n° 1 s'ouvre ici.
Dossiers
Warren
N.E.S.P.R. · MCMLII
Instrument d'enquête
La balance des preuves
Choisissez une affaire : d'un côté, ce qu'affirmaient les Warren. De l'autre, ce que les enquêtes, les tribunaux et la presse ont établi. Le fléau penche selon le poids des sources indépendantes.
Ce qu'affirmaient les Warren
RécitSources
Ce que les sources établissent
Lecture éditoriale des sources publiques. Elle ne juge ni la sincérité des familles ni la réalité de ce qu'elles ont ressenti.
Ed Warren (1926-2006), démonologue autodidacte, et Lorraine Warren (1927-2019), qui se disait clairvoyante et médium en transe légère, sont le couple d’enquêteurs du paranormal le plus célèbre au monde. Ils fondent en 1952 la New England Society for Psychic Research et affirment avoir traité plus de 10 000 dossiers. On leur doit les récits de la poupée Annabelle, de la maison d’Amityville, de la famille Perron, du poltergeist d’Enfield et du procès d’Arne Cheyenne Johnson, premier accusé américain à invoquer la possession démoniaque. Leurs affaires ont nourri la saga Conjuring, près de 2,8 milliards de dollars au box-office, mais aussi de vives controverses.
Ils ont fait entrer le mot « démonologue » dans les foyers du monde entier. Elle, silhouette fragile au regard clair, disait voir ce que les autres ne voyaient pas. Lui, ancien marin au verbe sûr, parlait du diable comme d’un adversaire qu’il connaissait par son nom. Pendant plus d’un demi-siècle, Ed et Lorraine Warren ont frappé aux portes des maisons qu’on disait hantées, du Connecticut à la banlieue de Londres. Ouvrons ensemble leur registre : leur histoire, leurs dossiers, ce que la presse en a dit, les chiffres qu’ils avançaient et le regard spirituel que je porte, en tant que médium, sur cet héritage.
Qui étaient Ed et Lorraine Warren ?
Le démonologue
Ed Warren
- Né Edward Warren Miney, le 7 septembre 1926 à Bridgeport, Connecticut
- Rôle démonologue autodidacte, conférencier, auteur et peintre
- Foi catholique pratiquant
- Décès le 23 août 2006 à Monroe, à 79 ans
La clairvoyante
Lorraine Warren
- Née Lorraine Rita Moran, le 31 janvier 1927 à Bridgeport
- Rôle clairvoyante et médium en transe légère, selon ses propres mots
- Foi catholique pratiquante
- Décès le 18 avril 2019 à Monroe, à 92 ans
Ed et Lorraine se rencontrent en 1944 dans un cinéma de Bridgeport où il travaille comme ouvreur. Ils sont encore adolescents. Ed s’engage peu après dans la marine américaine et survit à l’attaque de son navire en mer du Nord. Ils se marient en 1945, pendant une permission. Leur fille unique, Judy, naît en 1946. Elle épousera plus tard Tony Spera, qui reprendra le flambeau de la famille.
Chacun raconte une enfance marquée par l’invisible. Ed affirmait avoir grandi dans une maison où les objets bougeaient seuls et avoir vu, vers l’âge de cinq ans, le fantôme d’une ancienne propriétaire se former à partir d’un minuscule point de lumière. Son père, policier, lui aurait demandé de garder tout cela pour lui. Lorraine, de son côté, disait percevoir depuis l’enfance des halos de lumière autour des personnes. À l’école, elle aurait décrit un arbre adulte là où l’on venait de planter une jeune pousse, ce qui lui valut un week-end de « retraite » chez les religieuses.
Des peintres de maisons hantées aux conférences universitaires
Rien ne destinait ce jeune couple modeste à la célébrité. Après la guerre, Ed s’inscrit dans une école d’art. Avec Lorraine, il sillonne la Nouvelle-Angleterre pour peindre les maisons réputées hantées. Le marché est simple : un tableau offert aux propriétaires contre le récit de leurs phénomènes. Ces conversations deviennent des enquêtes, et les enquêtes, une vocation.
Registre de vie
- 1944 Rencontre dans un cinéma de Bridgeport.
- 1945 Mariage, pendant une permission d’Ed.
- 1952 Fondation de la New England Society for Psychic Research (NESPR), le plus ancien groupe de chasseurs de fantômes de Nouvelle-Angleterre. Début de la collection d’objets du futur musée de l’Occulte.
- 1968 Une exposition des tableaux d’Ed attire une foule de témoins. Le couple sort de l’ombre.
- Années 1970 Une agence les fait intervenir dans les universités de tout le pays. Premier livre sur eux, Deliver Us From Evil, en 1973.
- 1980 Parution de The Demonologist, leur biographie autorisée signée Gerald Brittle.
- 1989-1992 Les livres Ghost Hunters, Graveyard et Werewolf, coécrits avec Robert David Chase.
- 2006 Mort d’Ed, le 23 août, à Monroe.
- 2013 Sortie de Conjuring : Les dossiers Warren. Lorraine, consultante du film, y fait une brève apparition.
- 2019 Mort de Lorraine, dans sa maison de Monroe. Fermeture du musée au public.
Leur méthode mêle entretiens, photographies, enregistrements et prière. Ed interroge, documente et classe. Lorraine « ressent » les lieux, décrit des présences et oriente l’enquête. Catholiques fervents, ils ne se présentent jamais comme exorcistes : un laïc ne peut pas pratiquer l’exorcisme. Ils disent assister les prêtres. Lorsque l’Église catholique refuse d’intervenir, ils font appel à des clercs indépendants, comme l’évêque Robert McKenna, du mouvement catholique traditionaliste dissident.
Les affaires les plus célèbres des Warren
Le couple a toujours mis en avant une poignée de dossiers emblématiques. Ce sont eux qui ont nourri les livres, les plateaux de télévision puis Hollywood. Voici les huit affaires qui ont forgé leur légende, avec ce que l’on sait aujourd’hui de chacune.
Objet maudit
La poupée Annabelle
Donna, 28 ans, reçoit en cadeau une grande poupée de chiffon de type Raggedy Ann. Bientôt, la poupée changerait de pièce, de posture, laisserait de petits mots. Une médium consultée affirme qu’elle abrite l’esprit d’une fillette de sept ans, Annabelle Higgins, morte sur ce terrain. Les jeunes femmes acceptent qu’elle « reste ».
Appelés en renfort, les Warren livrent un autre diagnostic : aucune enfant, mais une entité inhumaine qui manipule la poupée pour atteindre une âme humaine. Après une bénédiction de l’appartement, ils emportent l’objet. Selon Ed, la poupée aurait causé des « griffures psychiques » qui saignent, l’accident de voiture d’un prêtre qui l’avait insultée et la blessure d’un inspecteur de police. Enfermée dans une vitrine du musée de Monroe, elle devient l’objet le plus célèbre de leur collection.
Hantise
La ferme des Perron
En janvier 1971, Roger et Carolyn Perron s’installent avec Andrea, Nancy, Christine, Cynthia et April dans une ferme de quatorze pièces, construite vers 1736. Les filles décrivent des esprits, des odeurs étranges, des lits qui s’agitent la nuit. Les Warren affirment que la maison est sous l’emprise de Bathsheba Sherman, une habitante du XIXe siècle qui aurait sacrifié son bébé au diable et maudit la terre.
Les archives locales évoquent bien une Bathsheba Sherman et la mort d’un nourrisson confié à sa garde, sans qu’elle soit jamais condamnée. Selon le récit d’Andrea Perron, une séance organisée par les Warren au milieu des années 1970 tourne mal et Roger leur demande de partir. Andrea racontera sa version dans House of Darkness, House of Light à partir de 2011. La ferme, achetée 439 000 dollars en 2019 par un couple d’enquêteurs, est revendue 1,525 million de dollars en 2022.
Hantise
La maison d’Amityville
Le 13 novembre 1974, Ronald DeFeo Jr. abat six membres de sa famille dans cette maison de Long Island. Un an plus tard, le 18 décembre 1975, George et Kathy Lutz s’y installent. Ils fuient le 14 janvier 1976, au bout de vingt-huit jours, en racontant mouches, voix, suintements et cauchemars.
Dans la nuit du 6 mars 1976, les Warren enquêtent sur place avec une équipe de la chaîne new-yorkaise Channel 5 et un journaliste radio. Le photographe Gene Campbell prend des clichés infrarouges : l’un d’eux montrerait un « garçon démoniaque » aux yeux lumineux dans l’escalier. Il ne sera rendu public qu’en 1979. Le livre de Jay Anson, sorti en 1977, s’écoule à environ dix millions d’exemplaires. Les Warren défendront l’authenticité de l’affaire jusqu’au bout.
Poltergeist
Le poltergeist d’Enfield
En août 1977, Penelope Hodgson appelle la police : des meubles bougent, des coups résonnent dans les murs. Un policier déclare avoir vu une chaise « vaciller et glisser » sans pouvoir l’expliquer. Pendant dix-huit mois, Janet, 11 ans, et Margaret, 13 ans, sont au centre des phénomènes : objets projetés, lévitations photographiées, voix d’homme âgé sortant de la gorge de Janet.
L’affaire est suivie par deux enquêteurs de la Society for Psychical Research, Maurice Grosse et Guy Lyon Playfair. Les Warren ne font qu’une courte visite, mais concluent à une possession démoniaque. Playfair affirmera qu’ils sont venus une seule fois, sans y avoir été invités. C’est pourtant leur version qu’Hollywood retiendra en 2016.
Possession
Brookfield : « le diable m’a poussé à le faire »
À l’été 1980, le jeune David Glatzel décrit un vieil homme menaçant, puis subit des crises violentes. Les Warren sont appelés douze jours après les premiers incidents. Ils diagnostiquent des possessions multiples. L’enfant subit trois « exorcismes mineurs ». Lorraine affirme que six prêtres ont reconnu la possession, sans vérification indépendante. Pendant un rituel, Arne Cheyenne Johnson, le compagnon de sa sœur Debbie, aurait défié le démon de le prendre à la place de l’enfant. En octobre 1980, les Warren préviennent la police que la situation devient dangereuse.
Le 16 février 1981, Johnson tue de plusieurs coups de couteau son propriétaire, Alan Bono. Son avocat, Martin Minnella, veut plaider la possession démoniaque. Le juge Robert Callahan refuse : une telle défense n’existe pas. Le 24 novembre 1981, Johnson est reconnu coupable d’homicide involontaire au premier degré, puis condamné à une peine de 10 à 20 ans. Il en purgera environ cinq.
Infestation
La maison des Smurl
Installés en 1973, les Smurl décrivent des coups, des odeurs fétides, un chien projeté contre un mur, une fille poussée dans l’escalier et des agressions physiques. Appelés en 1986, les Warren parlent de quatre esprits et d’un démon « très puissant ». Ed raconte une chute brutale de température, une masse sombre et un message sur un miroir lui ordonnant de partir.
Janet Smurl affirme qu’un prêtre a tenté trois exorcismes, sans succès. Le diocèse de Scranton reste très prudent : un prêtre qui passe deux nuits sur place dit qu’il ne s’y est rien produit d’inhabituel. L’affaire devient le livre The Haunted en 1986, un téléfilm en 1991, puis le film Conjuring : L’heure du jugement en 2025.
Infestation
L’ancien funérarium de Southington
La famille Snedeker loue une grande maison pour se rapprocher de l’hôpital où l’un des fils est soigné. Elle découvre ensuite que le bâtiment était un ancien funérarium. Visions, agressions, bruits : les Warren déclarent la maison infestée de démons.
Le récit devient le livre In a Dark Place en 1992, puis le film Le Dernier Rite en 2009. Mais son auteur, le romancier Ray Garton, révélera que la famille ne parvenait pas à garder une version cohérente et qu’Ed lui aurait conseillé d’inventer le reste pour que l’histoire soit effrayante.
Possession
Le « loup-garou » de Southend
Bill Ramsey, un ouvrier anglais, a la conviction de se transformer en loup. Il mord plusieurs personnes, dont des policiers et des infirmières. En tournée de promotion en Angleterre, les Warren apprennent son histoire, concluent à une possession démoniaque et l’emmènent aux États-Unis, où l’évêque Robert McKenna pratique un exorcisme.
Le cas devient le livre Werewolf en 1991. La critique de l’époque, très sévère, relève que le dossier présenté comme « soigneusement documenté » ne contient justement aucune pièce justificative.
Combien de possessions les Warren ont-ils traitées ?
C’est la question que tout le monde se pose, et la réponse dépend de qui compte. Les chiffres avancés par le couple ont d’ailleurs beaucoup augmenté au fil des années.
1952
fondation de la NESPR, point de départ de leurs archives
3 000
dossiers revendiqués dans leurs premiers livres
10 000
dossiers revendiqués à la fin de leur vie, « bien plus de 10 000 »
700
exorcismes auxquels ils disaient avoir assisté, selon la biographie de Cheryl Wicks (2004)
À ces chiffres s’ajoutent plus de 7 000 entretiens revendiqués. Aucun de ces nombres n’a été vérifié de façon indépendante. Leurs archives n’ont jamais été ouvertes à des chercheurs extérieurs, et la plupart des « exorcismes » évoqués ne figurent dans aucun registre diocésain.
Si l’on s’en tient aux affaires de possession que les Warren ont eux-mêmes rendues publiques, en livres, en procès ou à la télévision, la liste est beaucoup plus courte :
- David Glatzel Brookfield, 1980. Possessions multiples selon les Warren. Trois exorcismes mineurs.
- Arne Cheyenne Johnson Brookfield, 1981. Possession invoquée au procès, rejetée par le juge.
- Janet Hodgson Enfield, 1977-1979. Possession démoniaque selon les Warren, poltergeist selon les enquêteurs britanniques.
- Maurice Theriault Massachusetts, années 1980. Fermier présenté comme possédé dans Satan’s Harvest (1990). Exorcisme confié à l’évêque McKenna.
- Bill Ramsey Angleterre, fin des années 1980. « Lycanthropie démoniaque ». Exorcisme par l’évêque McKenna.
- La famille Smurl Pennsylvanie, 1986. Infestation et oppression démoniaques. Trois exorcismes rapportés par Janet Smurl.
- Carolyn Perron Rhode Island, années 1970. Oppression attribuée à l’esprit de Bathsheba Sherman.
Pour classer leurs cas, les Warren utilisaient une grille en trois étapes, reprise depuis par toute la culture populaire : l’infestation, quand une présence se manifeste dans un lieu ; l’oppression, quand elle s’en prend aux personnes, à leur sommeil, à leur moral ; enfin la possession, quand elle prendrait le contrôle d’un corps. Selon eux, la vraie possession restait rare. Il faut le rappeler : l’Église catholique n’accorde l’exorcisme solennel qu’avec l’autorisation d’un évêque, après examen médical et psychiatrique. La plupart des interventions racontées par les Warren n’ont jamais reçu ce feu vert officiel.
Ce qu’en a dit la presse
Les Warren ont compris avant tout le monde la puissance des médias. Chaque affaire passait par les journaux, les radios et les plateaux de télévision. Mais la presse a aussi été le lieu de leurs plus grands revers.
Channel 5 New York
6 mars 1976
Une équipe de télévision et un reporter radio accompagnent les Warren pour une nuit d’enquête dans la maison d’Amityville. L’émission fait connaître le couple dans tout le pays.
People
17 septembre 1979
William Weber, l’avocat de Ronald DeFeo, lâche une bombe : « Je sais que ce livre est un canular. Nous avons inventé cette histoire d’horreur autour de nombreuses bouteilles de vin. » Il affirme l’avoir montée avec les Lutz et l’auteur du livre.
BBC Radio 4
26 décembre 1978
La reporter Rosalind Morris diffuse The Enfield Poltergeist, après de nombreuses visites chez les Hodgson. Le Daily Mirror, lui, suit l’affaire régulièrement jusqu’en 1979.
Washington Post
13 septembre 1981
Le procès Johnson fait la une bien au-delà du Connecticut. Les titres parlent du « diable au tribunal » et de la défense « le diable m’a poussé à le faire ».
The New York Times
25 novembre 1981
Le quotidien annonce la condamnation d’Arne Cheyenne Johnson pour homicide involontaire. Le jury a délibéré quinze heures sur trois jours, sans jamais examiner la possession.
Sydney Morning Herald
Après 1997
Le neurologue Steven Novella, qui a examiné les preuves des Warren en 1997 avec Perry DeAngelis, les juge sans valeur : « Tout ça, c’est du baratin. » Il décrit un couple sympathique, mais attaché à « une conclusion prédéterminée ».
Associated Press
2006
Carl Glatzel, le frère de David, accuse les Warren d’avoir exploité la maladie de son frère pour s’enrichir : « Ils ont vu une mine d’or. » En 2010, les deux frères poursuivent Lorraine Warren, l’auteur Gerald Brittle et son éditeur. L’affaire se règle à l’amiable.
Presse américaine
Années 2010
Judith Penney affirme avoir entretenu une relation de quarante ans avec Ed Warren, commencée lorsqu’elle était mineure. La fille et le gendre du couple déclarent n’avoir jamais rien constaté de tel. Ces accusations n’ont jamais été jugées.
Le musée de l’Occulte et le destin d’Annabelle
Avertissement : ne surtout pas ouvrir
Derrière leur maison de Monroe, les Warren avaient aménagé un musée de l’Occulte. Masques, idoles, miroirs, poupées, objets de rituels : des centaines de pièces rapportées de leurs enquêtes depuis 1952. Ed les présentait comme des objets « chargés » qu’il valait mieux garder sous bénédiction que détruire. Un prêtre venait régulièrement bénir les lieux.
La pièce maîtresse était la poupée Annabelle, enfermée dans une vitrine de bois et de verre portant l’inscription : « Avertissement : ne surtout pas ouvrir ». Selon les Warren, un jeune visiteur qui aurait tapé sur la vitre pour la provoquer serait mort peu après dans un accident de moto. Ce récit, comme la plupart de ceux sur la poupée, ne repose que sur leur parole.
Après la mort d’Ed, Lorraine continue d’ouvrir le musée avec l’aide de son gendre, Tony Spera. En 2019, il ferme au public pour une question d’urbanisme : la municipalité estime qu’une propriété résidentielle ne peut pas accueillir une activité non résidentielle. En 2025, la poupée part en tournée aux États-Unis. Des rumeurs annoncent sa « disparition », reprises en masse sur les réseaux sociaux. Tony Spera dément : la poupée n’a jamais disparu. La même année, l’organisateur de la tournée meurt subitement à Gettysburg, ce qui relance les spéculations. En août 2025, l’humoriste Matt Rife et le vidéaste Elton Castee rachètent la maison, le musée et la collection, Annabelle comprise.
Hollywood et l’univers Conjuring
En 2013, le réalisateur James Wan fait des Warren des héros de cinéma. Patrick Wilson et Vera Farmiga les incarnent dans Conjuring : Les dossiers Warren. Le succès donne naissance à la franchise d’horreur la plus rentable de l’histoire, avec près de 2,8 milliards de dollars de recettes mondiales.
- 2013 Conjuring : Les dossiers Warren, d’après la famille Perron
- 2014 Annabelle, première aventure de la poupée, très librement inspirée
- 2016 Conjuring 2 : Le cas Enfield, d’après le poltergeist d’Enfield
- 2017 Annabelle 2 : La Création du mal
- 2018 La Nonne, avec une brève apparition des Warren
- 2019 Annabelle : La Maison du mal
- 2021 Conjuring 3 : Sous l’emprise du diable, d’après le procès Johnson
- 2023 La Nonne : La Malédiction de Sainte-Lucie
- 2025 Conjuring : L’heure du jugement, inspiré de la maison des Smurl, près de 500 millions de dollars dans le monde
Dans les films, la poupée Annabelle est devenue une inquiétante figurine de porcelaine, bien loin de la poupée de chiffon du musée. Le contrat de Lorraine aurait aussi interdit de montrer le couple impliqué dans des infidélités ou des délits. Hollywood a donc construit des Warren idéalisés : un couple uni, courageux, toujours du côté de la lumière. La réalité est plus complexe.
Les sceptiques et les zones d’ombre
Peu de figures du paranormal ont été autant critiquées. Les reproches tiennent en trois points : des récits impossibles à vérifier, des histoires qui changent d’un livre à l’autre, et une tendance à transformer chaque drame familial en combat contre le démon.
- Amityville Les enquêteurs Stephen et Roxanne Kaplan, puis Joe Nickell et Benjamin Radford, concluent à une invention. Les Cromarty, propriétaires suivants, y vivront dix ans : il ne s’y passera jamais rien d’étrange, sinon les curieux attirés par le livre et le film.
- Enfield Une caméra surprend Janet en train de tordre des cuillères. Les deux sœurs reconnaîtront avoir truqué certains phénomènes. Le magicien Milbourne Christopher n’y voit que les facéties d’une petite fille.
- Southington Ray Garton résume son expérience avec Lorraine par une formule restée célèbre : si elle lui disait que le soleil se lèverait le lendemain, il demanderait un deuxième avis.
- West Pittston Le philosophe Paul Kurtz parle d’« un canular, une mascarade, une histoire de fantômes » et rappelle que les Warren n’étaient pas des enquêteurs impartiaux.
- Annabelle Pour la chercheuse Sharon A. Hill, sur les phénomènes surnaturels, on ne dispose que de la parole d’Ed. L’historien des religions Joseph Laycock y voit une légende moderne façonnée par la culture populaire.
Les défenseurs du couple rappellent de leur côté que les Warren affirmaient ne jamais facturer leurs enquêtes aux familles. Ils vivaient de leurs conférences, de leurs livres et des droits d’adaptation. Beaucoup de témoins, policiers, journalistes et prêtres, ont aussi décrit des phénomènes qu’ils ne savaient pas expliquer.
Le regard spirituel sur l’héritage Warren
Au-delà du vrai et du faux, l’histoire des Warren pose une question que je rencontre souvent en consultation : comment distinguer une présence réelle d’une souffrance humaine qui cherche un nom ? Dans presque toutes leurs affaires, on retrouve les mêmes ingrédients : une maison chargée d’histoire, une famille sous tension, souvent un enfant ou un adolescent fragile, et la peur qui s’installe.
La peur est un amplificateur. Elle donne une forme à chaque craquement, elle prête une intention à chaque objet tombé. Dans la tradition spirituelle, on sait pourtant que la grande majorité des perturbations ressenties dans un lieu relèvent de la mémoire des murs, d’un deuil non fait ou d’une âme en peine qui cherche la lumière. Rien qui exige un combat. Ce que j’appelle le bas astral se nourrit justement de cette peur : plus on lui donne d’importance, plus il occupe l’espace.
La médiumnité que je pratique est à l’opposé de la mise en scène. Un médium ne devrait jamais terroriser ceux qui viennent le voir, ni leur annoncer un démon sans avoir d’abord encouragé un avis médical. Il apaise, il écoute, il aide à rendre au lieu sa paix et aux défunts leur chemin. C’est aussi ce que je décris dans l’article sur la façon dont les médiums gèrent la charge émotionnelle des drames, et dans celui consacré à la psychométrie des objets, qui touche directement à la question des objets « chargés » du musée de Monroe.
Avant de parler de hantise Un enfant qui change de comportement, des voix entendues, des crises violentes, une insomnie persistante : consultez d’abord un médecin. La spiritualité accompagne la médecine, elle ne la remplace jamais. Et méfiez-vous de toute personne qui vous effraie pour mieux vous vendre une solution.
Ma conclusion sur Ed et Lorraine Warren
Je ne crois pas que l’on puisse résumer les Warren par un seul mot, ni « imposteurs », ni « saints ». Quand je regarde les images de Lorraine, je vois une femme sensible, sincère dans sa foi, qui percevait sans doute réellement quelque chose. Les dons existent, je le sais. Mais un don n’est jamais une garantie de justesse. Il passe par un être humain, avec ses croyances, ses peurs, ses intérêts. Et lorsque l’on a construit sa vie, sa notoriété et ses revenus sur le démon, on finit par le voir partout.
Ce qui me touche le plus dans cette histoire, ce ne sont pas les poupées ni les maisons. Ce sont les familles. David Glatzel, un enfant de douze ans. Alan Bono, un homme qui a perdu la vie. Les filles Perron, les sœurs Hodgson, qui ont grandi avec l’étiquette de la maison hantée. Derrière chaque « dossier Warren », il y a des êtres réels dont la souffrance a parfois été racontée par d’autres, pour d’autres.
Spirituellement, je retiens une leçon essentielle : l’invisible ne se combat pas avec la peur. On l’approche avec respect, avec discernement et avec amour. La lumière n’a pas besoin de spectacle pour agir. Si les Warren ont ouvert des millions de personnes à l’idée que le monde ne s’arrête pas à ce que l’on voit, alors une part de leur héritage est précieuse. À nous d’en garder le meilleur : la foi, l’écoute, la prière, et de laisser la peur au cinéma.
Misaella
Une présence vous trouble, un lieu vous semble lourd, un défunt vous manque ? Nos voyants et médiums vous écoutent par téléphone, la voyance par mail vous permet d’écrire votre question à tête reposée, et vous pouvez acheter des minutes de consultation à l’avance pour garder la maîtrise de votre budget. Pour prolonger ces récits d’archives, découvrez aussi l’énigme de Jack l’Éventreur et l’affaire Lizzie Borden.
Une présence vous inquiète ?
Nos médiums vous aident à comprendre ce que vous ressentez dans un lieu ou autour de vous, avec calme et sans dramatiser.
Apaiser l’invisible
Lieux chargés, signes d’un défunt, ressentis inexpliqués : nos médiums vous accompagnent par téléphone, en toute confidentialité.
Questions fréquentes
Qui étaient Ed et Lorraine Warren ?
Combien de possessions les Warren ont-ils traitées ?
La poupée Annabelle existe-t-elle vraiment ?
Les affaires des Warren sont-elles vraies ?
Que dit la médiumnité de l’héritage des Warren ?
Sources
Ed and Lorraine Warren, Wikipédia
Trial of Arne Cheyenne Johnson, Wikipédia
The Amityville Horror, Wikipédia
Enfield poltergeist, Wikipédia
Smurl haunting, Wikipédia
Annabelle (doll), Wikipédia
The Warrens, World Religions and Spirituality Project
Carl Glatzel et Conjuring 3, Snopes
Cet article est informatif et retrace des affaires telles qu’elles ont été racontées par leurs protagonistes et par la presse. Les phénomènes décrits n’ont pas été prouvés scientifiquement. Il ne remplace aucun avis médical ou psychologique. Services de voyance réservés aux personnes majeures (18+).


